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   Liban






La lettre de Beyrouth, n°70, décembre 2007

Nombre de Pages : 12
Date de Rédaction : 17/12/2007
Site émetteur : BEYROUTH
Prix  (abonnement) : 77.00 € H.T.



En cette fin d'année 2007, force est de souligner à nouveau la légendaire résilience de l'économie libanaise. En dépit du contexte politique et sécuritaire et de l'absence de tout consensus entre la majorité et l'opposition, l'évolution de l'économie en 2007 aura été somme toute positive.
La croissance de l'économie devrait en effet se situer autour de 2 à 3%. Les échanges extérieurs ont été dynamiques et les balances commerciale et courante verraient leur déficit se creuser légèrement. La hausse des prix des matières premières et la dépréciation de la monnaie américaine et de la livre libanaise qui lui est indexée ont provoqué une résurgence modérée de l'inflation.
Le secteur bancaire continue de bien se porter avec des dépôts en hausse significative. Les prix de l'immobilier, inférieurs à ceux de la région, s'inscrivent de nouveau en progression. La hausse des transferts d'un nombre croissant d'expatriés n'est sans doute pas étrangère à cette évolution.
Tous ces éléments témoignent bien d'une capacité de résistance étonnante de l'économie libanaise aux chocs politiques, sécuritaires et économiques qu'elle a subis depuis maintenant bientôt trois ans.

Mais cette résilience a son revers. Elle n'incite pas les autorités à prendre les mesures économiques et sociales qui s'imposent. Elle agit en quelque sorte comme un poison lent.
Sous cette apparente stabilité économique et financière, les déséquilibres structurels du Liban s'accentuent. La dette publique brute se situe toujours à 173% du PIB environ, le même niveau qu'au début de l'année en dépit des opérations de revalorisation de l'or effectuées par la Banque centrale. L'excédent primaire des finances publiques, le solde des recettes publiques et des dépenses publiques hors intérêts de la dette, diminue. Il se situe autour de 1% du PIB (dons compris) pour un objectif de 9% du PIB en 2011. L'investissement public déjà faible est à nouveau en baisse ce qui met en péril des infrastructures souvent déjà obsolètes.

Pour enrayer la spirale mortelle de la dette, le gouvernement a élaboré un programme pluriannuel de réformes économiques et sociales présenté à la conférence de Paris en janvier dernier. L'année 2007 a été essentiellement consacrée à la préparation des réformes envisagées. Certaines, comme la hausse des accises sur l'essence, n'ont pas pu être mises en œuvre. 2008 ne pourra pas être une nouvelle année marquée par l'attentisme. Faute de réformes, de redressement significatif des finances publiques, de restructuration des secteurs des télécommunications, de l'énergie, de constitution d'un réel filet de sécurité sociale pour lutter contre les inégalités, la dette reprendra sa progression inexorable avec ses conséquences en termes de taux d'intérêt, de notation des établissements de crédit, … la résilience de l'économie libanaise sera de nouveau mise à l'épreuve.

L'engagement des réformes, dans un climat politique et sécuritaire apaisé, devrait au contraire permettre au Liban de connaître, la plupart des observateurs en conviennent, une croissance économique supérieure à 10% et ce pendant plusieurs années tant son potentiel est important. La croissance économique est le meilleur remède pour redresser les finances publiques, accroître le revenu des ménages et lutter contre la pauvreté.

Pour lui permettre de s'épanouir il faut impérativement rétablir la confiance.

La lettre de Beyrouth souhaite à tous ses lecteurs une année 2008 sereine et prospère.




Le cèdre du Liban (12557)